19/06/2026

L’école d’ingénieurs de Besançon cultive sa relation aux entreprises en leur offrant un large panel de prestations. Qu’il s’agisse d’action pédagogique, de recherche ou alors de transfert de technologie, son service Relations Entreprises écoute, répond, oriente et accompagne les industriels dans leurs différents besoins.
Un guichet d’entrée. Voilà la vocation des Relations Entreprises au sein de Supmicrotech à Besançon. « L’ensemble de l’écosystème cherche à stimuler l’innovation à travers la relation recherche-entreprises. Notre service permet aux acteurs économiques d’avoir une vision d’ensemble et un interlocuteur unique qui les oriente selon leurs besoins », explique Emmanuel Foltête, professeur des universités en mécanique appliquée et directeur dudit service. « Supmicrotech est un maillon central pour tout projet concernant les microtechniques », ajoute Karim Haouchine, responsable des relations entreprises. L’offre de l’établissement s’articule autour de trois axes : pédagogique, recherche et valorisation-transfert de technologie.
L’axe pédagogique consiste à promouvoir les entreprises et leur marque employeur auprès des élèves à travers différentes actions tel le Forum Entreprises de l’école, dont la 15e édition se déroulera le 15 octobre 2026. Les entreprises peuvent aussi accueillir des visites, que l’établissement organise deux fois par an. « Elles peuvent nous solliciter pour un accompagnement ponctuel ou alors s’engager à plus long terme, dans le cadre d’un partenariat de un à trois ans. Cette modalité comprend la participation au forum et les visites mais permet surtout une montée en puissance de la relation, avec des interactions plus approfondies. Nous pouvons par exemple, sur demande de partenaires, intégrer des points spécifiques à nos enseignements pour coller aux besoins de la pratique et du marché », reprend Emmanuel Foltête.
Des plateformes au service de la R&D des entreprises
L’école abrite trois des sept départements de l’institut FEMTO-ST (Temps-Fréquence, Automatique et systèmes micro-mécatroniques et une partie de la Mécanique appliquée). Cela lui permet d’épauler les entreprises dans leurs besoins de recherche.
L’un des leviers possibles est la thèse CIFRE : « Notre partenariat avec Aixial, filiale d’Alten, a débuté par un accompagnement sur le recrutement et s’est mué, au fil des échanges, en une prestation complète, concrétisée par la mise en place d’une thèse partenariale industrielle. La thèse CIFRE est un outil royal pour une collaboration entre entreprises et laboratoires. C’est un dispositif ancien mais le plus souvent utilisé par les grands groupes alors qu’il peut être approprié pour une PME », indique Karim Haouchine.
Surtout, l’école dispose d’une plateforme partenariale qui permet de proposer aux industriels un accompagnement en R&D sur leurs projets innovants, lorsqu’une problématique ne peut être résolue en interne. « Nous formons alors, pour 5 à 6 mois, une équipe projet composée d’élèves de 2e ou 3e année, recrutés en tant que stagiaires par les entreprises, d’enseignants-chercheurs, d’ingénieurs et techniciens de l’école, que nous pilotons Emmanuel et moi-même. Nous mettons à disposition de l’entreprise l’ensemble des ressources technologiques de l’école et de FEMTO, dont une salle blanche », détaille Karim Haouchine, à l’origine de cette plateforme créée en 2012. Chaque année, entre 10 à 20 projets sont ainsi mis en œuvre, de la feuille blanche jusqu’à l’obtention d’une preuve de concept. « C’est une solution clé en main », confirme le responsable.
Supmicrotech héberge d’autres plateformes technologiques et scientifiques, à l’instar de MIMENTO, la plus grande d’entre elles, consacrée à la micro et nano-fabrication, auxquelles les entreprises peuvent également accéder. MIFHySTO, partagée par les instituts FEMTO-ST, UTINAM et Carnot de Bourgogne, offre des équipements de micro-fabrication mécanique uniques dans le monde universitaire français : micro-fraisage, micro-érosion, micro-injection, électroérosion à fil, ainsi que des outils de caractérisation et de contrôle. « Ce centre de ressources vient plutôt répondre à des besoins techniques très pointus. S’il s’agit d’un besoin en transfert de technologie, nous pouvons aussi nous appuyer sur la SATT Sayens », indique Emmanuel Foltête. Il en va de même pour la plateforme bisontine du Pôle S. MART, dont l’objet est de fédérer un réseau ″formation-recherche-transfert de technologie″ autour de l’industrie du futur. « Cette plateforme est essentiellement dédiée à la robotique. Elle est ouverte à la fois à nos élèves ingénieurs, aux étudiants en robotique, vision, etc. et aux professionnels pour des prestations ponctuelles. » Et Karim Haouchine de compléter : « L’avantage, c’est que les plateformes de l’école dialoguent entre elles. De nombreux projets débutent à la plateforme partenariale et poursuivent leur développement sur la plateforme MIFHySTO. »
Sur l’aspect valorisation, l’école est aussi en lien avec l’incubateur DECA-BFC : « Généralement les startups incubées ont besoin d’un accompagnement R&D, l’école peut être une option pour lancer à moindre coût le ″premier étage de la fusée″. »
La chaire industrielle, un partenariat ″premium″
Pour aller encore plus loin, école et entreprises peuvent décider de mettre en place une chaire industrielle, un outil transversal sur les 3 axes chers à l’établissement d’enseignement supérieur bisontin. « Ce dispositif affirme une volonté commune et pose un cadre facilitant pour de futures collaborations », souligne Emmanuel Foltête. Les questions juridiques, en particulier de propriété intellectuelle en cas d’exploitation de résultats de recherche, apparaissent souvent comme un frein. La chaire permet d’anticiper ces sujets et d’être beaucoup plus réactifs dans la mise en œuvre des projets. Une chaire industrielle a notamment été signée avec la multinationale du ferroviaire Alstom. Des discussions sont en cours avec une manufacture horlogère. « C’est ce genre de relations de long terme, de recherche de synergies entre besoins pédagogiques, d’innovation et de valorisation, que nous souhaitons favoriser. Quand cela aboutit à une success story, tous les intérêts convergent », dit encore le directeur du service Relations industrielles de Supmicrotech.
Pour les écoles d’ingénieurs, cultiver ces relations est vital, mais cela n’en est pas moins intéressant pour les entreprises qui s’assurent de futures recrues qui connaissent leurs contraintes et leur environnement et sont capables de s’y adapter. Parmi les effectifs de l’école, 10% des élèves entrants sont originaires de Bourgogne-Franche-Comté. À la sortie, ils sont 20% à choisir d’y rester. « Dans la région et à Besançon, nous avons de belles PME. L’une de nos missions est de participer à la vitalité du tissu industriel local. Supmicrotech se veut un véritable acteur socio-économique de la région », conclut-il.
Plus d’informations auprès du service Relations industrielles : relations.entreprises@ens2m.fr
Témoignage
Francéclat : « Trois projets menés avec la plateforme partenariale »
Célia Ménégaux, responsable Tests qualité, Industrie 4.0 et Bijouterie au sein du comité professionnel de développement économique des secteurs de l’horlogerie, de la bijouterie, de la joaillerie, de l’orfèvrerie et des arts de la table, est une ancienne élève de Supmicrotech Besançon. La plateforme partenariale, elle connaît bien et, en tant que professionnelle, en perçoit tout l’intérêt. Elle a déjà recruté 3 stagiaires, soit 3 ans de partenariat, dans le cadre de ce dispositif.
« Via la plateforme partenariale, Francéclat bénéficie de tout le matériel éducatif et de l’expertise d’une équipe pédagogique pluridisciplinaire. C’est un point important sur les deux derniers projets pour lesquels nous avons mobilisé l’école : la réalisation d’un prototype de mesure d’inertie des aiguilles de montre et d’un autre sur le contrôle, par analyse vibratoire, du sertissage de produits bijoutiers. Ce sont des sujets denses et nous manquons de compétences en interne sur la partie traitement de signal et électronique. Nous apprécions aussi la réactivité de l’équipe mais aussi le fait d’entretenir des liens avec l’écosystème de recherche qui gravite autour de l’école et avec les futurs professionnels que sont les étudiants. À terme, si Supmicrotech venait à proposer un service de sous-traitance nous permettant de finaliser les prototypes développés par nos stagiaires, nous y ferions appel sans réserve. L’idée étant d’obtenir un équipement le plus proche possible de l’industrialisation, afin d’effectuer des tests se rapprochant des usages courants, plus intensifs qu’en laboratoire. »