Florent Guyon : « Avec le DD dans le DM, l’ISIFC veut contribuer à la réflexion de la profession autour du développement durable »

29/01/2026

Pourquoi organiser un événement autour du développement durable, est-ce un sujet dans le monde du dispositif médical ?

Florent Guyon : « L’industrie de la santé, au sens large, n’est pas particulièrement sobre d’un point de vue énergétique : elle est à l’origine de 8% des émissions de gaz à effets de serre en France. Face à ce constat, on se demande comment le secteur du dispositif médical (DM) peut prendre sa part. Lors de la 11e édition de la Rentrée du DM, nous avions organisé une journée sur le thème du développement durable, vraiment passionnante. Cela nous a inspiré ce nouvel événement. L’ISIFC est reconnue dans le domaine réglementaire, nous voulons montrer qu’elle prend aussi en compte la problématique environnementale et contribuer à la réflexion de la profession. »

Quel sera le programme ?

F. G. : « Quatre conférences sont prévues et se tiendront à l’amphithéâtre de l’ISIFC. La 1ère portera sur l’analyse du cycle de vie d’un DM. Elle sera donnée par un ancien chercheur spécialisé dans l’écoconception. Pour la 2e nous aurons le retour d’expérience d’une action globale de réduction de l’empreinte carbone menée au sein du service d’anesthésie du CHU de Besançon. Une entreprise française viendra, pour la 3e, nous détailler le déploiement de sa stratégie RSE.

Enfin, la dernière sera consacrée aux actions concrètes mises en place au sein d’une entreprise locale du DM. L’événement sera ouvert aux industriels et, bien sûr, à nos étudiants de 1ère et 2e année. On veut croire au succès de cette initiative ! »

Au-delà de l’événement, quelle place l’ISIFC réserve-t-elle au développement durable dans ses cursus ?

F. G. : « Depuis 3 ans, l’ISIFC organise une journée verte, sous l’impulsion de Stéphanie François, référente développement durable et co-organisatrice du « DD dans le DM » avec Vincent Armbruster, directeur du Campus régional des métiers de santé, et moi-même. Nous y proposons des visites thématiques aux étudiants (station d’épuration, chaufferie de l’université…), avons participé à une fresque du climat. En outre, une vingtaine d’heures de cours sont consacrées à ces enjeux et un partiel a été mis en place, coordonné par notre référente. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) fait aussi partie des éléments que les étudiants doivent observer lors de leurs stages et intégrer à leurs rapports. Ils sont évalués sur le respect de cette consigne. Nous cherchons aussi des complémentarités avec l’Université Marie et Louis Pasteur, puisque quelques-uns de nos étudiants suivent un double cursus : ils sont à la fois à l’ISIFC et inscrits en master éco-conception. Notre objectif est qu’ils deviennent des acteurs du DM conscients de leur environnement. »

👉 Infos pratiques : DD dans le DM, jeudi 5/03/2026 de 13h30 à 17h30 à l’amphithéâtre de l’ISIFC. Formulaire d’inscription : http://bit.ly/4t6POaL


Depuis 2002, pour l’OMS, la Santé aussi se doit d’être durable. Par ce terme, l’organisation mondiale entend : conditions de vie saines dans la durée et accès à des ressources appropriées, de qualité, utilisées de façon responsable et efficiente.

En 2017, 4,6% des émissions mondiales de gaz à effets de serre étaient imputés au le secteur de la santé au sens large (rapport de la Health Care Without Harm). En France, ces estimations s’élevaient à 8%, selon un bilan national réalisé en 2021.

Le seul secteur du DM en France (chiffres 2023) représente 32,5 Mds € de chiffre d’affaires,1 393 entreprises, dont 93% de PME et 90% de fabricants exclusifs. D’après le rapport du Shift Project sur la décarbonation de l’industrie du dispositif médical paru en 2025, les émissions induites par les DM consommés en France seraient d’environ 7,4 millions de tonnes équivalent CO2 par an (comparable aux émissions liées à l’ensemble des industries agroalimentaires). Ce qui pèserait le plus lourd dans cette empreinte reste la partie extraction/transformation des matières premières (41%), puis les procédés de transformation (19%).

La prise de conscience existe. Le recours à des DM à usage unique (qui s’était imposé pour des raisons sanitaires) diminue. Depuis peu, leur retraitement, inscrit dans la feuille de route sur la planification écologique du système de santé, est expérimenté.

Par ailleurs, le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) et le Comité pour le développement durable en santé ont travaillé à la mise en place d’un Index DM durable, permettant d’intégrer des critères RSE quantifiables dans les achats publics et privés de dispositifs médicaux.

ℹ️ Sources : Développement durable des dispositifs médicaux : enjeux, contraintes et perspectives – thèse de Louise Bastide, UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de l’Université de Montpellier. / Rapport final 2025 de The Shift Project : Santé, climat, résilience : décarbonons les industries des dispositifs médicaux. / Snitem.