19/12/2025

Lorsqu’on évoque l’histoire de la technopole TEMIS, des noms reviennent régulièrement dans les discussions. David Heriban figure dans cette short list. Le créateur de la société Percipio Robotics est un pur produit de cet écosystème qui mêle formation supérieure, recherche et entrepreneuriat… Petit retour en arrière !
2005, David Heriban réalise son stage de fin d’études d’ingénieurs ENSMM (aujourd’hui devenu SupMicrotech) au laboratoire de robotique qui vient d’intégrer FEMTO-ST. « Je travaille sur la micromanipulation d’objets en milieu liquide, sous la direction de Michaël Gauthier. Je suis recruté ensuite comme ingénieur, sur un contrat de 3 ans, sur un projet de micro-assemblage, toujours en milieu liquide. »
Dans le courant de l’année 2009, le jeune ingénieur quitte FEMTO-ST avec un financement de 6 mois pour déposer un brevet sur la pince de micromanipulation et faire une étude de marché sur la conception et fabrication de stations de micro-assemblage et micromanipulation. Il change de bâtiment pour intégrer l’incubateur situé à la Maison des Microtechniques, afin de mûrir son projet, construire un business plan et participer à de nombreux concours dont il sort lauréat.
En 2011, David se lance dans le grand bain de l’entrepreneuriat. Il crée Percipio Robotics, traverse un couloir et intègre la pépinière. « J’étais un chercheur qui parlait à des industriels qui ne me comprenaient pas. Le début de mon activité portait sur de la prestation de services. » Il faut dire que l’environnement de Percipio relève du très très petit, de l’ordre du micromètre. Pour se donner un aperçu, la société travaille sur des micro-assemblages jusqu’à 30 fois inférieurs à la taille d’un cheveu. « Nous sommes peu d’acteurs dans le monde à avoir une telle expertise. »
Une expertise rare
2015 est un année charnière pour l’entreprise qui finalise une levée de fonds de 500 000 € et trouve son premier client. « Je participais au salon EPHJ à Genève. Un industriel italien, spécialisé dans l’électronique, vient me faire part de sa problématique d’automatiser la pose de dizaines de milliers de broches sur une plaque de 4 cm². Cela faisait 10 ans qu’il cherchait désespérément un fabricant. Nous échangeons durant le week-end et il vient dès la semaine suivante à Besançon. Nous réalisons une étude de faisabilité et, quelques semaines plus tard, il passe une première commande de 5 machines de micro-assemblage », raconte le dirigeant. La belle histoire de Percipio Robotics est lancée !
S’ensuit très rapidement une seconde commande de 7, puis de 12 et enfin 36 machines en 2022, année qui correspond aussi au déménagement de la société dans les locaux situés à TEMIS à quelques centaines de mètres de la Maison des Microtechniques. Les effectifs de la société passent de 10 à 40 salariés et le chiffre d’affaires approche les 10 M€ au plus fort des commandes. Le chef d’entreprise profite de cette période faste pour accélérer sur la partie recherche et développement, améliorer ses machines, ses logiciels et déposer de nouveaux brevets. « Percipio, c’est plus de 20 ingénieurs et 7 doctorants. Nous sommes une vraie deeptech. 90% de mes collaborateurs viennent de SupMicrotech ou de FEMTO-ST. »
« Nous sommes sur un marché gigantesque mais totalement fractionné,
avec à chaque fois des moutons à 5 pattes à réaliser, c’est ce qui nous plait aussi. »David Heriban, fondateur et dirigeant de Percipio Robotics
Il entame également toute une réflexion sur sa stratégie de diversification avec notamment les premières approches sur le marché de la photonique. « Nous devons continuer à nous faire connaître car les industriels n’imaginent pas ce que nous sommes capables de faire dans l’assemblage et la manipulation du très petit. Récemment, une université nord-américaine m’a contacté pour une problématique sur de l’assemblage de fibre de carbone. Un sujet que j’avais exploré il y a 15 ans. Nous sommes sur un marché gigantesque mais totalement fractionné, avec à chaque fois des moutons à 5 pattes à réaliser, c’est ce qui nous plait aussi. »
Quant à son regard sur TEMIS, cet enfant de la Technopole la juge avec un grand potentiel. « J’ai vu très peu d’écosystèmes identiques, l’un à Eindhoven aux Pays-Bas et l’autre à Lund en Suède, 2 villes qui ont aussi connu des effondrements industriels. Besançon a de très nombreux atouts, une culture de la précision, des savoir-faire dans la microtechnique, une proximité entre la formation, la recherche et un tissu industriel très riche auquel s’ajoutent à présent des deeptechs très prometteuses. »
Contact : 4, rue de l’Escale – Besançon | contact@percipio-robotics.com
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