22/10/2026

Face à l’accroissement des besoins militaires, certaines startups ou entreprises industrielles de Besançon ou de Bourgogne-Franche-Comté peuvent avoir une carte à jouer sur des savoir-faire bien spécifiques. L’Agence de l’innovation de défense, créée en 2018, représente une porte d’entrée incontournable pour ces sous-traitants. Mode d’emploi…
Quel est le rôle de l’Agence de l’innovation de défense (AID) ?
Cette agence du ministère des Armées et des anciens combattants fédère l’innovation de défense. En plus de conduire l’innovation de défense, elle a pour mission d’encourager, identifier et valoriser l’innovation issue du monde civil au service du monde militaire. L’AID prépare le temps long et œuvre à prévenir la surprise stratégique et l’émergence de menaces hybrides. Il existe 2 catégories d’innovation : l’innovation planifiée et l’innovation ouverte.
L’innovation planifiée
L’innovation planifiée s’articule autour des grands programmes et de leur préparation. « Pour un nouvel entrant, il est difficile de s’y intégrer lors d’une première expérience », souligne cependant Xavier Itard, ingénieur en chef de l’armement et chef du guichet unique de l’AID, qui conseille de commencer par des sujets d’innovation à court ou moyen termes, par le biais de l’innovation ouverte.
L’innovation ouverte
Le pôle Innovation ouverte opère une veille permanente du domaine civile. L’innovation ouverte permet aux entreprises de proposer plus facilement et rapidement, via son guichet unique, des solutions/projets en vue de les adapter aux cas d’usage défense. « Nous nous inscrivons dans une démarche de solutions pour lesquelles nous recherchons ensuite les usages possibles au sein du Ministère », précise le chef du guichet unique de l’AID.
Quels sont les besoins de l’AID ?
Les besoins, technologies et axes prioritaires de l’Armée sont répertoriés dans le Document de référence de l’orientation de l’innovation de défense (DROID). La dernière version disponible, datée de 2023, met en avant, entre autres, le besoin de maîtriser de nouveaux champs de conflictualité comme le cyberespace, les fonds marins ou l’espace exoatmosphérique, mais aussi différentes technologies comme l’hypervélocité, l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes (robots, drones) ou bien le calcul quantique. Xavier Itard ajoute : « En ce qui concerne l’innovation ouverte, nous portons une attention particulière aux propositions spontanées de projets et solutions sur 8 thématiques bien identifiées dans le DROID » :
- Vecteurs autonomes et leur flotte
- Supériorité informationnelle
- Humain augmenté
- Santé
- New space
- Energie
- Cyber
- Maintien en conditions opérationnelles.
Qui peut s’adresser à l’AID ?
Toute entreprise, quelle que soit sa taille, peut se manifester auprès de l’AID, dès lors qu’elle possède une existence juridique propre, les personnes physiques ne pouvant être financées directement. « L’innovation est un bon moyen d’entrer dans l’écosystème de défense, car elle permet d’apporter sa contribution à la construction de solutions d’avenir, dont le secteur a réellement besoin », déclare Xavier Itard, ingénieur en chef de l’armement et chef du guichet unique de l’AID.
Comment entrer en contact avec l’AID ?
Les voies sont différentes selon la catégorie d’innovation visée.
Innovation planifiée
L’Agence publie régulièrement des appels à manifestation d’intérêt (AMI), qui expriment des besoins sous forme d’effets à produire. Les entreprises peuvent les consulter et proposer des solutions :
- Répondre aux appels à projet en cours de l’AID.
Innovation ouverte
Comme indiqué plus haut, le pôle Innovation ouverte dispose d’un guichet unique pour soumettre ses projets. Plusieurs dispositifs d’accompagnement existent, un choix est proposé par le guichet après échange, si un intérêt à court terme est identifié.
- Accéder au guichet unique de l’AID.
Quelle place pour la dualité des usages au sein de l’AID ?
« La dualité est essentielle pour les entreprises car elle assure leur existence sans dépendance à ces marchés qui sont, par nature, fluctuants. Par exemple, les entreprises de la BITD ne font que 20% de leur chiffre d’affaires sur la défense », rappelle Xavier Itard. D’ailleurs, certains dispositifs du pôle Innovation ouverte font de la dualité le cœur de leur démarche. C’est notamment le cas du dispositif RAPID, qui accompagne financièrement des projets de développement technologique.
Sur quels partenaires territoriaux l’AID s’appuie-t-elle ?
Une démarche de partenariat est la base pour accéder au monde civil. Aussi l’AID s’appuie sur 18 pôles de compétitivité, dont le PMT et son cluster aéronautique-spatial-défense. Dans le cadre de RAPID, par exemple, le PMT peut épauler ses adhérents qui souhaitent soumettre leur dossier à l’AID afin de maximiser leur chance d’être retenus.
L’AID s’appuie également sur les conseils régionaux ou des opérateurs économiques territoriaux comme l’Agence de développement économique Nord Franche-Comté (AdNFC), mais aussi sur des clusters nationaux tels EDEN, au sein duquel figurent plusieurs entreprises de Bourgogne-Franche-Comté.
Plus d’informations : https://www.defense.gouv.fr/aid